L'ordre de grandeur

Ce que rapporte votre surplus vendu au voisin — et ce que personne ne peut promettre.

La question mérite une réponse honnête plutôt qu'un joli chiffre. Le gain tient à une soustraction simple, mais l'un de ses termes dépend d'une donnée que nous n'avons pas encore : ce que votre voisin consomme au moment précis où vous produisez.

La soustraction

Pour chaque kilowattheure que votre voisin vous achète, vous encaissez le prix convenu au lieu du tarif d'achat réglementé. Le gain unitaire est donc l'écart entre les deux :

Gain = (votre prix − tarif d'achat actuel) × kilowattheures réellement partagés

Le tarif d'achat de référence est de 1,1 c€/kWh pour les installations jusqu'à 9 kWc dont le contrat a pris effet depuis le 5 juin 2026. Si votre contrat est antérieur, votre tarif est probablement plus élevé, et l'écart plus faible : c'est le premier point que nous vérifions sur votre contrat.

Le premier terme, vous le maîtrisez : c'est vous qui fixez votre prix. Le second est celui qui résiste, et c'est là que la plupart des simulateurs deviennent malhonnêtes.

L'échelle des prix Une échelle de prix du kilowattheure : 1,1 centime, le rachat de votre surplus aujourd'hui ; 20,01 centimes, le tarif réglementé que paie votre voisin. Entre les deux, le prix que vous fixez librement : tout l'intervalle fait deux gagnants. 1,1 c€ le rachat aujourd'hui 20,01 c€ son tarif réglementé votre prix, fixé librement tout l'intervalle est gagnant des deux côtés
Les deux bornes se lisent sur deux documents : votre contrat d'achat et la facture de votre voisin. Repères au 1er août 2026.

Pourquoi nous rendons une fourchette, pas un montant

Vous produisez en journée. Votre voisin ne peut vous acheter que ce qu'il consomme pendant ces heures-là. Le reste, il continue de l'acheter à son fournisseur, la nuit et le soir, et vous continuez de l'injecter sur le réseau. La part de votre surplus que votre voisin absorbe réellement dépend donc entièrement de son mode de vie.

Ce qui se vend : le recouvrement des deux courbes Sur 24 heures, la courbe de votre production solaire et celle de la consommation de votre voisin se recouvrent en milieu de journée. Seule cette zone de recouvrement est l'électricité partagée, mesurée par tranches de trente minutes. 0 h 12 h 24 h ce qui se vend sa consommation votre production
Le gestionnaire de réseau compare les deux courbes par tranches de trente minutes : seule la zone où elles se recouvrent est partagée.
Profil du voisinAbsorption plausible de votre surplus
Logement vide en journée, occupants au travailFaible
Télétravail partiel, présence irrégulièreIntermédiaire
Personne à la retraite, présence continueÉlevée
Présence continue et usages pilotables (chauffe-eau, climatisation, véhicule rechargé en journée)La plus élevée

Ce tableau donne un sens de variation, pas des pourcentages : nous refusons d'afficher des taux d'absorption tant qu'ils ne sont pas mesurés sur des opérations réelles.

Le calcul que les autres oublient

Ce que votre voisin n'absorbe pas reste racheté au tarif de votre contrat actuel. Un chiffrage qui présente la totalité de votre surplus comme vendu au prix voisin surestime le résultat, parfois du simple au triple. Nous raisonnons toujours sur la part effectivement partagée.

Un exemple, et seulement un exemple

Prenons une installation de 6 kWc dont 2 000 kWh partent chaque année sur le réseau, et un prix convenu de 10 c€/kWh. Selon le profil du voisin, la part absorbée peut aller du simple au triple, et le résultat suit :

Panneaux solaires en toiture, vus de près
Part du surplus absorbée par le voisin kWh vendus au voisin Encaissé à 10 c€ Ces mêmes kWh au tarif d'achat Écart sur l'année
25 %500 kWh50 €6 €+44 €
45 %900 kWh90 €10 €+80 €
65 %1 300 kWh130 €14 €+116 €

Exemple illustratif, calculé le 28 août 2026 sur les hypothèses affichées ci-dessus : 2 000 kWh de surplus annuel, prix convenu de 10 c€/kWh, tarif d'achat de référence de 1,1 c€/kWh, honoraires de gestion non déduits. Il ne constitue ni une projection de votre situation ni un engagement. Votre chiffrage ne sera établi qu'après lecture de votre contrat d'achat et de la facture de votre voisin.

Le point qui ne varie pas

Quelle que soit la part absorbée, l'écart reste positif dès lors que votre prix dépasse votre tarif d'achat actuel. La question n'est donc jamais « est-ce que j'y gagne », mais « combien ». Et si votre contrat d'achat est ancien et bien rémunéré, nous vous le dirons franchement : dans ce cas, le mieux peut être de ne rien changer.

Monter dans la fourchette : le pilotage

La ligne du tableau sur laquelle vous atterrissez n'est pas entièrement subie. Nous proposons en option un système de pilotage de l'énergie (EMS) : un boîtier qui décale automatiquement les usages flexibles du foyer acheteur — chauffe-eau, chauffage, climatisation, recharge d'un véhicule — vers vos heures de production, sans changer ses habitudes.

Sur les installations équipées, la part de la production consommée sur place gagne couramment de l'ordre de 15 à 30 points — de quoi passer d'une ligne du tableau à la suivante. Le gain réel dépend des équipements pilotables présents chez votre voisin ; il est estimé lors de l'étude, sur ses données à lui, et il n'est jamais garanti d'avance. Le chauffe-eau électrique est le levier le plus fréquent : c'est une réserve d'eau chaude qui peut se remplir au moment où vous produisez.

L'autre côté de l'accord

Et pour votre voisin ?

Son gain se lit dans l'autre sens : il remplace des kilowattheures achetés à son fournisseur par des kilowattheures achetés chez vous, au prix que vous avez convenu. Si ce prix est inférieur à ce qu'il paie actuellement, il économise sur chacun d'eux. Le reste de sa consommation ne bouge pas : même fournisseur, même contrat, même abonnement.

C'est pour cette raison que le prix se négocie à deux. Trop bas, il ne vous rapporte pas grand-chose ; trop haut, votre voisin n'a plus de raison d'accepter. L'intervalle utile se situe entre votre tarif d'achat actuel et le prix auquel il achète aujourd'hui son électricité — pour repère, le tarif réglementé de vente est à 20,01 c€ TTC par kilowattheure en option base au 1er août 2026. Sa facture nous permettra de situer son cas précisément.

Qui émet la facture, à quel moment et sur quels volumes : notre guide sur la facturation suit l'argent de bout en bout.