L'ordre de grandeur
Ce que rapporte votre surplus vendu au voisin — et ce que personne ne peut promettre.
La question mérite une réponse honnête plutôt qu'un joli chiffre. Le gain tient à une soustraction simple, mais l'un de ses termes dépend d'une donnée que nous n'avons pas encore : ce que votre voisin consomme au moment précis où vous produisez.
La soustraction
Pour chaque kilowattheure que votre voisin vous achète, vous encaissez le prix convenu au lieu du tarif d'achat réglementé. Le gain unitaire est donc l'écart entre les deux :
Gain = (votre prix − tarif d'achat actuel) × kilowattheures réellement partagés
Le tarif d'achat de référence est de 1,1 c€/kWh pour les installations jusqu'à 9 kWc dont le contrat a pris effet depuis le 5 juin 2026. Si votre contrat est antérieur, votre tarif est probablement plus élevé, et l'écart plus faible : c'est le premier point que nous vérifions sur votre contrat.
Le premier terme, vous le maîtrisez : c'est vous qui fixez votre prix. Le second est celui qui résiste, et c'est là que la plupart des simulateurs deviennent malhonnêtes.
Pourquoi nous rendons une fourchette, pas un montant
Vous produisez en journée. Votre voisin ne peut vous acheter que ce qu'il consomme pendant ces heures-là. Le reste, il continue de l'acheter à son fournisseur, la nuit et le soir, et vous continuez de l'injecter sur le réseau. La part de votre surplus que votre voisin absorbe réellement dépend donc entièrement de son mode de vie.
| Profil du voisin | Absorption plausible de votre surplus |
|---|---|
| Logement vide en journée, occupants au travail | Faible |
| Télétravail partiel, présence irrégulière | Intermédiaire |
| Personne à la retraite, présence continue | Élevée |
| Présence continue et usages pilotables (chauffe-eau, climatisation, véhicule rechargé en journée) | La plus élevée |
Ce tableau donne un sens de variation, pas des pourcentages : nous refusons d'afficher des taux d'absorption tant qu'ils ne sont pas mesurés sur des opérations réelles.
Le calcul que les autres oublient
Ce que votre voisin n'absorbe pas reste racheté au tarif de votre contrat actuel. Un chiffrage qui présente la totalité de votre surplus comme vendu au prix voisin surestime le résultat, parfois du simple au triple. Nous raisonnons toujours sur la part effectivement partagée.
Un exemple, et seulement un exemple
Prenons une installation de 6 kWc dont 2 000 kWh partent chaque année sur le réseau, et un prix convenu de 10 c€/kWh. Selon le profil du voisin, la part absorbée peut aller du simple au triple, et le résultat suit :
| Part du surplus absorbée par le voisin | kWh vendus au voisin | Encaissé à 10 c€ | Ces mêmes kWh au tarif d'achat | Écart sur l'année |
|---|---|---|---|---|
| 25 % | 500 kWh | 50 € | 6 € | +44 € |
| 45 % | 900 kWh | 90 € | 10 € | +80 € |
| 65 % | 1 300 kWh | 130 € | 14 € | +116 € |
Exemple illustratif, calculé le 28 août 2026 sur les hypothèses affichées ci-dessus : 2 000 kWh de surplus annuel, prix convenu de 10 c€/kWh, tarif d'achat de référence de 1,1 c€/kWh, honoraires de gestion non déduits. Il ne constitue ni une projection de votre situation ni un engagement. Votre chiffrage ne sera établi qu'après lecture de votre contrat d'achat et de la facture de votre voisin.
Le point qui ne varie pas
Quelle que soit la part absorbée, l'écart reste positif dès lors que votre prix dépasse votre tarif d'achat actuel. La question n'est donc jamais « est-ce que j'y gagne », mais « combien ». Et si votre contrat d'achat est ancien et bien rémunéré, nous vous le dirons franchement : dans ce cas, le mieux peut être de ne rien changer.
Monter dans la fourchette : le pilotage
La ligne du tableau sur laquelle vous atterrissez n'est pas entièrement subie. Nous proposons en option un système de pilotage de l'énergie (EMS) : un boîtier qui décale automatiquement les usages flexibles du foyer acheteur — chauffe-eau, chauffage, climatisation, recharge d'un véhicule — vers vos heures de production, sans changer ses habitudes.
Sur les installations équipées, la part de la production consommée sur place gagne couramment de l'ordre de 15 à 30 points — de quoi passer d'une ligne du tableau à la suivante. Le gain réel dépend des équipements pilotables présents chez votre voisin ; il est estimé lors de l'étude, sur ses données à lui, et il n'est jamais garanti d'avance. Le chauffe-eau électrique est le levier le plus fréquent : c'est une réserve d'eau chaude qui peut se remplir au moment où vous produisez.
L'autre côté de l'accord
Et pour votre voisin ?
Son gain se lit dans l'autre sens : il remplace des kilowattheures achetés à son fournisseur par des kilowattheures achetés chez vous, au prix que vous avez convenu. Si ce prix est inférieur à ce qu'il paie actuellement, il économise sur chacun d'eux. Le reste de sa consommation ne bouge pas : même fournisseur, même contrat, même abonnement.
C'est pour cette raison que le prix se négocie à deux. Trop bas, il ne vous rapporte pas grand-chose ; trop haut, votre voisin n'a plus de raison d'accepter. L'intervalle utile se situe entre votre tarif d'achat actuel et le prix auquel il achète aujourd'hui son électricité — pour repère, le tarif réglementé de vente est à 20,01 c€ TTC par kilowattheure en option base au 1er août 2026. Sa facture nous permettra de situer son cas précisément.
Qui émet la facture, à quel moment et sur quels volumes : notre guide sur la facturation suit l'argent de bout en bout.