Éligibilité

Vendre son électricité à son voisin : cinq conditions, et une seule qui bloque vraiment.

Vendre son électricité à un voisin est ouvert à la très grande majorité des installations résidentielles. Voici les conditions réelles, dans l'ordre où nous les vérifions, et ce qu'il faut faire quand l'une d'elles n'est pas remplie.

1. La distance entre vous et lui

Le partage d'électricité entre participants suppose qu'ils soient proches. Le principe fixé par le code de l'énergie est de 2 kilomètres entre les points de livraison les plus éloignés de l'opération. Une dérogation permet d'aller jusqu'à 20 kilomètres dans certains cas, sur demande motivée auprès du ministre chargé de l'énergie.

En pratique, entre deux voisins d'une même rue ou d'un même hameau, cette condition ne pose jamais de difficulté. Elle devient un sujet si vous pensez à un proche qui habite le village d'à côté : dites-le-nous, nous mesurons. Le détail — mesure à vol d'oiseau, dérogations, cas limites — est dans notre guide sur la distance.

Le périmètre de deux kilomètres Un cercle de deux kilomètres de rayon centré sur la maison équipée de panneaux. Le voisin acheteur se trouve à l'intérieur ; la distance se mesure à vol d'oiseau entre les deux compteurs. Jusqu'à vingt kilomètres par dérogation. chez vous votre voisin 2 km à vol d'oiseau, entre les deux compteurs — jusqu'à 20 km par dérogation
Le cercle est une aide visuelle : le gestionnaire de réseau tranche l'éligibilité sur les points de livraison réels.

Référence : article L. 315-2 du code de l'énergie. Le régime des dérogations et l'extension prévue par l'article 24 de la loi n° 2025-391 du 30 avril 2025 s'appliquent selon la configuration du territoire.

2. Le compteur communicant, des deux côtés

C'est la condition la plus stricte, et celle qui n'admet pas d'exception. La répartition de l'électricité entre vous et votre voisin repose entièrement sur des mesures horaires. Sans compteur communicant, il n'existe aucune donnée pour établir qui a consommé quoi et quand, donc aucune facturation possible.

Si l'un de vous a refusé la pose

Le dossier ne peut pas avancer en l'état. Il reste possible de demander la pose au gestionnaire de réseau, puis de reprendre la démarche. Nous préférons vous le dire tout de suite plutôt que de vous faire monter un dossier qui n'aboutira pas.

3. Votre contrat d'achat de surplus

Vous n'avez pas besoin d'y renoncer, au contraire : il continue de racheter tout ce que votre voisin n'absorbe pas. Nous devons simplement le lire, pour deux raisons.

D'abord parce qu'il porte votre tarif d'origine. Si votre contrat est ancien, votre tarif de rachat peut être nettement supérieur à 1,1 c€/kWh, et l'écart avec ce que vous proposerait un voisin devient plus faible. Nous vous le dirons.

Ensuite parce que certaines offres commerciales sont incompatibles. C'est le cas des formules dites de batterie virtuelle, qui reposent sur une mécanique de stockage fictif du surplus : elles ne peuvent pas coexister avec un partage d'électricité. Si vous en avez une, il faut arbitrer entre les deux — notre comparaison détaillée pose les termes du choix.

Et si vous êtes en injection totale, c'est-à-dire si toute votre production part aujourd'hui chez votre acheteur, le cas se traite à part : notre guide sur la revente totale explique ce qui reste possible.

4. Le profil de votre voisin

Ce n'est pas une condition d'éligibilité, c'est une condition de pertinence. Techniquement, n'importe quel voisin raccordé peut participer. Économiquement, le montage n'a d'intérêt que si votre voisin consomme réellement de l'électricité aux heures où vous produisez.

Les meilleurs profils sont ceux qui sont présents en journée : personnes à la retraite, télétravail, professions à domicile, mais aussi les logements équipés d'un chauffe-eau, d'une climatisation ou d'un véhicule électrique rechargé en journée. À l'inverse, un logement vide de 8 h à 19 h absorbera peu, et le gain sera modeste des deux côtés.

Sa facture d'électricité nous permet de situer cela objectivement, sans lui demander de remplir quoi que ce soit.

5. Votre situation déclarative

Vendre de l'électricité, même à un voisin, produit des recettes. Les obligations qui en découlent dépendent de la puissance de votre installation, des montants en jeu et de votre situation personnelle. Le cadre applicable existe, il est stable, et il est loin d'être dissuasif pour une installation résidentielle.

Nous vous indiquons ce qui s'applique à votre cas et nous produisons chaque année le récapitulatif des sommes facturées, ce qui rend la déclaration simple. Nous ne nous substituons en revanche ni à votre centre des finances publiques ni à votre conseil fiscal, et nous ne vous demanderons jamais de nous croire sur parole sur ce point. Le cadre complet, sources à l'appui, est dans le guide fiscal.

Le cas particulier : et si je n'ai pas encore de panneaux ?

Ce service s'adresse aux propriétaires d'une installation déjà en service. Si vous n'en avez pas, la question n'est pas la même : il faut d'abord dimensionner une installation, ce qui relève d'une étude complète, et non d'une mise en relation.

Et si c'est votre voisin qui a les panneaux et vous qui souhaitez lui acheter son électricité, la démarche est identique, à ceci près que c'est lui qui doit faire la proposition : c'est lui le vendeur. Montrez-lui cette page.

Ce que nous ne traitons pas aujourd'hui

Un service honnête a un périmètre. Le nôtre, pour l'instant : un producteur et un voisin, à moins de deux kilomètres, tous deux raccordés en basse tension. Les opérations à plusieurs participants (immeuble, lotissement, commerces) relèvent de notre offre dédiée aux opérations collectives ; les installations à raccorder ou à construire passent d'abord par la case raccordement, que nous pouvons cadrer mais qui allonge les délais. Si votre situation sort du cadre, nous vous le disons dès l'étude — et nous vous orientons.